Auto-édités, Français, Mickaël Parisi

Néant – Mickaël Parisi

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J’ai été contactée sur Twitter par l’auteur lui-même, Mickaël Parisi, qui m’a proposé la lecture de son ebook auto-édité. J’ai trouvé la demarche intéressante, sachant que j’aime bien découvrir de nouvelles plumes et que je m’intéresse au monde de l’auto-édition. L’auteur m’avait prévenu, il ne s’agit pas d’un thriller à proprement parlé, mais d’un livre où il faut avoir une certaine ouverture d’esprit tant il est trash. Ça a donc piqué ma curiosité, moi qui n’aime pas le politiquement correct et l’édulcoré.

 

Néant, c’est l’histoire de Marlon, gratte papier au service nécrologie d’un journal, qui est en proie à  une sorte de trop plein. Trop plein de hiérarchie, trop plein d’ordre établi, trop plein de gens, trop plein de la société… Il a des tendances suicidaires, mais n’ose pas passer le cap, il a peur de se rater, peur de l’après… Il est virulent, asocial et antisocial, anarchiste et nihiliste… Il ne trouve pas sa place dans cette société qu’il vomit.  A l’aide de l’organisation Gang des zombies, il décide d’organiser sa disparition en faisant croire qu’il est mort dans un incendie. Il assistera à son enterrement, à la cérémonie, déguisé et tapi dans le fond de l’Eglise. En contrepartie, Marlon devra œuvrer pour eux, réaliser diverses tâches. La question est de savoir comment il va se sortir de tout ça !

 

J’ai deux sentiments contradictoires après la lecture de ce livre

J’ai dans un premier temps beaucoup aimé le début : l’histoire du mec tellement à bout mais qui n’a pas le cran de se suicider, qui orchestre sa propre mort, qui assiste à son propre enterrement et qui recommence une nouvelle vie… Ça change de ce qu’on lit habituellement et j’ai trouvé que ça commençait de manière originale. L’analyse que Marlon fait de l’ensemble de la société est mordante, sans concession ni langue de bois. Clairement, je me retrouve beaucoup dans son sentiment de rejet de la société, à certains moments je me suis dit que j’aurais pu écrire ces mots, un jour où j’aurais été mal lunée et où j’en aurais voulu à la terre entière. Tout le monde en prend pour son grade : la hiérarchie, les femmes, les sdf, les prostituées, la cellule familiale, l’esclavagisme lié au travail, l’amour, l’amitié…

Cependant,  bien que j’ai aimé dans les premiers temps les critiques virulentes qui étaient faites, plus j’avançais dans ma lecture plus ça avait tendance à me fatiguer et à me peser parce que ça freinait l’avancée de l’histoire et qu’à un moment j’ai juste envie de lui dire « arrête tes polémiques et refais ta vie maintenant ! ». Je pense que le climat français ambiant y est pour beaucoup dans mon trop plein de négativité. Je sature beaucoup de tout ce qui se passe, je ne regarde plus les informations et me reprendre toute cette réalité dans la tête, c’était pas forcément quelque chose dont j’avais besoin. Donc ce qui veut dire que ce livre m’a touchée parce qu’il m’a amenée à une réalité que je ne veux pas forcément regarder en face pour l’instant (Appelez moi « l’autruche »)

 

Par ailleurs, j’ai trouvé le récit un peu fouillis, le style est lourd et  très riche aussi bien en dialogues qu’en longs passages proches du pamphlet. Clairement, ce livre est un OVNI dans le monde littéraire, il n’a pas une écriture traditionnelle. C’est déroutant et je dirai même que la lecture est fatigante dans le sens où rien n’est épargné aux lecteurs. La violence est dans les faits, la violence est verbale. Lorsque la violence s’arrête, c’est la condamnation de la société qui reprend, quand ce n’est pas ça, c’est une scène de sexe, brute, crue, animale qui reprend. Et ça durant tout le récit… Attention, ce n’est pas ça qui m’a dérangée dans le livre, il en faut beaucoup pour me choquer au point d’arrêter une lecture !

En gros, on ressort complètement chamboulé de cette lecture, le cerveau retourné, l’envie de se tirer sur une île déserte dans le grand nord pour fuir cette société…

Si vous aimez la belle écriture , les p’tites pâquerettes et les bouches en cœur, que vous êtes  un tant soit peu allergique aux grossièretés, passez votre chemin =)

Un livre à ne pas mettre dans toutes les mains, à conseiller aux lecteurs avisés qui n’ont pas froid aux yeux et qui apprécient les lectures controversées.

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