Editions Hugo Thriller, Non classé

Maudite! – Denis Zott

Non mais oh, Denis Zott ! Tu oses me parler foot alors que je suis en totale saturation du mondial en ce moment ? Mais c’est une conspiration !

Je vous avais parlé de l’auteur Denis Zott lorsque j’ai découvert il y a environ un an et demi son premier thriller, La chute du cafard, un bon pavé qui m’avait laissé penser qu’on entendrait très vite reparler de cet auteur. Mon nez de serial lectrice avait senti juste (appelez-moi Mme Irma), car c’est aujourd’hui dans la maison Hugo Thriller que nous le retrouvons ! Je n’ai plus besoin de vous la présenter, cette maison d’édition, j’ai lu quasiment toutes leurs parutions depuis l’an dernier, et je n’ai, à ce jour, jamais eu une seule lecture qui s’est mal passée avec eux !

L’accueil de Maudite sur les réseaux sociaux est actuellement démentiel, tous mes contacts ne tarissaient pas d’éloges à son sujet, et je ne vais pas être bien originale mais je suis le mouvement cette fois-ci car j’ai complètement adhéré à ce livre !

Si vous aimez les gentils thrillers, les p’tites pâquerettes et les jolies histoires positives, pleines d’amour et de bonnes intentions, ce livre n’est sans doute pas fait pour vous. Si comme moi, vous aimez les vrais bons thrillers qui décoiffent votre tête de lecteur sans vous faire bouger de votre canapé, ce livre est fait pour vous !

Enfilez un gilet pare-balle et votre plus beau maillot de l’OM, je vous parle aujourd’hui de Maudite, de Denis Zott, paru tout récemment chez Hugo Thriller.

L’histoire (4è de couverture)

Pour survivre, elle doit affronter ses pires cauchemars.

Marseille. En face du Stade Vélodrome, le dixième étage des Mimosas est en flammes. C’est l’appartement de Tony Beretta, petit dealer mais légende parmi les supporters ultras de l’Ohème.

Une jeune femme, blessée, parvient à s’échapper du brasier. Luce, seinze ans, une gueule d’ange, enceinte jusqu’aux yeux, n’est pas partie les mains vides : elle s’est enfuie avec l’argent et la drogue de Tony.

Et l’argent et la drogue, ça attire du monde. Canari, le flic pourri de la BAC. Les hommes de main de Tony. Ceux du Libyen, jeune caïd qui a pour ambition de renverser les anciens, tel le vieux Topin. Et même Yasmina, l’infirmière trop belle pour être innocente, qui veille sur Luce et ses jumeaux.

Impossible, pour Luce, d’espérer se sortir seule de ce piège qu’est devenue sa ville. Mais à qui faire confiance, et comment survivre et protéger ses bébés, quand sa propre mère dit qu’elle est maudite, et que son ange protecteur pourrait bien s’avérer être un démon?

Pour trouver la lumière, Luce n’aura d’autre choix que de faire face à ses pires cauchemars.

Explosif !

Prenez un hooligan, un flic ripou comme vous en avez rarement rencontré, une très jeune fille enceinte jusqu’aux dents et loin de l’image de la gentille ado naïve, ajoutez-y quelques mecs aussi peu fréquentables qu’eux, saupoudrez le tout d’une bonne dose de drogue, de sexe, de banditisme et de cassage de gueule, secouez le tout (à moins que ça ne soit eux qui vous secouent !) et vous obtiendrez un bon cocktail Molotov prêt à vous péter à la gueule à n’importe quel moment !

Maudite, c’est un condensé de violences en tout genre, de scènes survoltées et de descentes dans l’enfer des cités marseillaises avec tout ce que ça implique en terme de drogues, de mauvaises fréquentations, de viols, menaces et représailles. Maudite, c’est aussi et surtout des rencontres avec des personnages complexes et ambivalents, qui font la force de ce bouquin. Ils ne sont pas tous complètement mauvais, mais ils sont loin d’être des exemples de vertu. Nos sentiments envers eux évoluent en permanence : parfois on les déteste, on voudrait même qu’ils se prennent une balle dans la tête, histoire d’avoir un peu le retour de boomerang qu’ils mérite, mais à d’autres moments on peut ressentir une profonde empathie envers ce qu’ils sont, envers ces chemins de vie difficiles qui les ont conduits à être ce qu’ils sont aujourd’hui. Naît-on mauvais ? ou le devient-on parce que la vie nous a obligée à le devenir ?

Denis Zott met tout en oeuvre pour que l’intrigue donne une impression de perpétuel mouvement, de perpétuel danger aussi : chapitres courts, nombreux dialogues, langage familier, rythme de narration nerveux avec des phrases courtes, beaucoup de ponctuation aussi… Et puis, il y a les passages plus introspectifs, qui nous fontt vivre de l’intérieur le chaos interne qui agite nos différents protagonistes, rongés par les doutes, et par la peur qui ne les quitte jamais.

Les personnages évoluent dans un univers malsain, où la violence est la règle et où il faut rendre la violence si vous voulez survivre. L’alternance de narrateur fait que nous abordons cette histoire avec un regard différent à chaque fois, parfois simple spectateur, nous sommes également pris à témoins, et nous aurons l’impression d’évoluer aux côtés des personnages et de faire partie intégrante de leur vie, notamment de celle de Luce que le narrateur fait parler à la première personne. Elle est l’élément central du livre, une personnalité Ô combien ombrageuse et complexe qui n’est pas sans rappeler une certaine Marianne dans un livre de Giebel. L’histoire n’a rien à voir, le style non plus d’ailleurs, mais il y a quelque chose en elle qui me fait penser à cette ancienne lecture que j’avais appréciée. Si Luce sait se montrer féroce et manipulatrice, elle ne sait absolument pas gérer toutes ses émotions contradictoires qui l’assaillent, et j’ai énormément accroché avec elle.

Le mot de la fin

Maudite, c’est un peu « Poubelle la vie! », plutôt que Plus belle la vie : balayée l’image du joli vieux port de Marseille, égratignée l’image des cigales qui chantent et du pastis pris entre pote sur une terrasse ensoleillée ! C’est le Marseille du banditisme et des cités difficiles que l’auteur a décidé de nous montrer. On est dans le vrai, le réaliste, et on n’est pas là pour enfiler des perles ! Pas de langue de bois, pas de chichis, pas d’édulcorant, c’est brut de décoffrage, ça pète de partout, il y a des morts, de la castagne, et putain que c’est bon de lire un thriller où l’auteur ose et sort du cadre des gentils thrillers conventionnels !

Je recommande chaudement, un thriller à embarquer dans sa valise pour les vacances (mais évitez Marseille quand même 🙂 !).

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