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Portrait-robot – Jean-Michel Lecocq

Il y a des livres qui mériteraient d’être plus connus, celui-là en fait partie. J’ai découvert Jean-Michel Lecocq il y a quelques mois avec son livre Rejoins la meute ! que j’avais déjà beaucoup apprécié à l’époque et qui m’avait donné envie de continuer à le découvrir. Je n’ai, à nouveau, pas été déçue !

Je vous parle aujourd’hui et avec une bonne dizaine de jours de retard de Portrait-robot, de Jean-Michel Lecocq, paru aux Editions L’Harmattan en 2013.

L’histoire (4è de couverture)

Août 1996 : Juliette Laffont s’évade de l’hôpital psychiatrique de Charleville-Mézières, où elle a été internée, par décision de Justice, après avoir assassiné ses parents. Ans sa cavale, elle commet encore cinq meurtres avant de se suicider. Printemps 2011 : ans la région de Draguignan, plusieurs crimes sont commis. L’arme utilisée et le mode opératoire sont les mêmes que pour les meurtres perpétrés quinze ans plus tôt par Juliette Laffont. Or, celle-ci est morte. Le capitaine Tragos de la police judiciaire de Marseille est chargé d’enquêter sur cette ténébreuse affaire. Il va essayer de reconstituer ce qui ressemble  un curieux puzzle.

 

Ami lecteur, si tu veux du noir, tu vas en avoir !

Première page, deux meurtres, direct, d’entrée de jeu, pas le temps de tergiverser, les bases de ce thriller sont posées dès les premières lignes. Nous assistons aux instants qui suivent les meurtres de deux soldats, aux côtés de la meurtrière. C’est une sorte d’arrêt sur image, on a l’impression qu’on vit cette scène dans le silence qui suit les détonations de flingues et du dernier souffle rendu par les victimes, on entendrait presque les battements de son cœur qui cognent dans sa poitrine et qui sont le fruit de la dose d’adrénaline qu’elle vient de prendre en abattant ces deux hommes. Avec une entrée en matière comme celle-là, pas de doute, vous êtes directement dedans dans l’histoire !

L’intrigue se déroule conjointement entre 1996, en Champagne-Ardennes, et 2011, lorsque plusieurs crimes sont perpétrés dans une autre région, meurtres qui ont le même mode opératoire et où la même arme a été utilisée qu’en 1996 lors d’une série de 5 autres meurtres. Le hic… C’est que la meurtrière s’est suicidée, 5 ans plus tôt… Une alternance est donc mise en place par l’auteur, entre ces deux périodes. Cela peut-être parfois déroutant pour le lecteur, mais néanmoins pas forcément compliqué à suivre dans le sens où chaque début de chapitre est daté ; mais attention il faudra être bien attentif afin de ne pas vous mélanger les pinceaux entre les deux périodes, et les multiples personnages qui jalonnent l’histoire. Forcément vous êtes comme moi, des lecteurs à qui on ne l’a fait pas, vous savez que les deux histoires se rejoindront, mais l’auteur nous tiendra en haleine jusqu’au bout en nous dévoilant bien tardivement son dénouement, histoire de ne perdre aucun lecteur au passage.

Portrait-robot est un thriller sombre, dans le sens où certaines scènes et certains faits sont assez dérangeants et peuvent nous mettre mal à l’aise, c’est d’ailleurs ça qui provoquera notre attachement pour certains personnages et qui nous ferait presque oublier les crimes perpétrés. Je ne vous dévoile rien en vous disant que vous allez être confrontés ici à une histoire de vengeance, c’est écrit sur la 4è de couverture. J’aime beaucoup ce thème récurrent de la littérature noire car il crée une certaine ambivalence chez le lecteur, qui se retrouvera tour à tour du côté des enquêteurs, parce qu’il aime que justice soit faite, ou du côté du meurtrier/de la meurtrière qui assouvira son besoin de vengeance parce que seul ça pourra l’apaiser et que face à certaines situations, la Justice au sens institutionnel est encore trop douce pour punir les atrocités commises. Les personnages qui assouvissent ce besoin que je qualifierais de primaire, sont en général complètement aveuglés par leur désir de se faire justice, rien ne les arrête, et j’aime beaucoup ressentir des émotions aussi fortes dans mes lectures.

 

Parlons du style…

Bien que n’ayant aucun lien entre eux, les deux livres que j’ai pu lire de cet auteur ont malgré tout de nombreux points communs au niveau de son style narratif. J’ai pourtant ressenti une nette différence de rythme entre les deux, Portrait-robot ayant un cadencement dans les meurtres relativement important, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire ! J’apprécie la sensibilité de la plume de l’auteur ; par sensibilité, j’entends que j’ai ressenti une certaine forme d’écriture littéraire dans ce thriller : les mots sont soigneusement choisis et les tournures peuvent être parfois profondes, plus profondes que celles de l’écriture brute de décoffrage qui caractérise une majorité des thrillers (et que j’apprécie malgré tout ! ).

 

Le mot de la fin

A nouveau séduite par l’écriture de Jean-Michel Lecocq ! J’ai découvert une belle plume, j’apprécie beaucoup la manière dont il traite ses personnages et ses intrigues. Il nous plonge dans une histoire réaliste, sans fausse note et ni superflus, n’allant qu’à l’essentiel pour aboutir à un thriller profondément crédible. Pas de doute que je continuerai à le suivre !

L’auteur vient d’ailleurs tout juste de sortir son nouveau livre, Un charmant petit village, aux Editions Lajouanie cette fois.

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