Français, François-Xavier Dillard, Non classé, Polar/thriller français

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

image

J’ai découvert François-Xavier Dillard il y a presque un an pile avec Fais-le pour maman, un des meilleurs livres de mon été littéraire 2016, et avec Un vrai jeu d’enfant, une lecture toute aussi prenante! C’est non sans une certaine excitation que j’ai découvert la semaine dernière son dernier né, et mon petit doigt me dit que vous allez (encore) ajouter un livre à vos PAL à cause de grâce à moi !

Ne dis rien à papa est paru tout récemment aux Editions Belfont.

image

L’histoire (4è de couverture)

 L’instinct maternel est l’arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.

Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrance, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre, un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… A n’importe quel prix…

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

 

Méfiez-vous de votre famille !

Le moins que l’on puisse dire de cet auteur, c’est qu’il aime les histoires de familles bien tordues ! Après l’excellentissime Fais-le pour maman (sérieusement, j’insiste!), François-Xavier Dillard poursuit son décorticage de familles bien étranges. Leur vie semble plutôt paisible et réussie, construite sur des bases solides…   Sauf que quand on gratte un peu, on se rend compte que cette stabilité a été construite sur des sables mouvants, et qu’au fur et à mesure des secrets du passé qui remontent à la surface peu à peu, et sans que les protagonistes ne s’y attendent, on commence à croire que ça va bien mal se terminer pour eux et que tout va finir par imploser…

 Ne dis rien à papa a donc pour intrigue principale une sorte de huis-clos familial. Sauf qu’à cette histoire s’en greffent plusieurs autres, avec une multitude de personnages, de lieux, d’époques, passant d’une écriture classique à une écriture en italique ; on se retrouve tantôt dans le passé, tantôt dans le présent, tantôt aux côtés de notre petite famille modèle, tantôt en Australie, en France, avec des personnages qu’on ne connaît pas, et puis on revient aux côtés de la petite famille… La vache ! Accrochez-vous amis lecteurs ! François-Xavier Dillard nous balance ça, comme ça, au gré de courts chapitres, et débrouillez-vous pour essayer de démêler les fils de l’intrigue ! Il vous faudra assembler les pièces du puzzle une à une pour trouver le dénominateur commun à toutes ces histoires ! Allez, avouez que vous aimez ça ! Si les auteurs nous servaient leurs intrigues plus simplement, sans essayer de nous perdre dans les méandres de leurs esprits, qu’est-ce qu’on s’ennuierait ! Serait-il d’ailleurs nécessaire de lire des polars ? Parce que finalement, ce qu’on cherche en tant que lecteur, c’est de se perdre le temps de quelques centaines de pages dans des histoires qui nous coupent de notre réalité  et de notre routine, on recherche tous cette lecture qui nous mettra des frissons, nous provoquera de la nausée, nous fera monter la tension ! En ne cherchant pas la facilité, l’auteur vous donne un peu l’impression de faire partie d’une équipe d’enquêteur qui creuse diverses pistes, il vous implique et vous devenez non pas spectateur mais acteur à part entière de votre lecture. Ce labyrinthe littéraire a eu pour effet de créer un moi un besoin frénétique de poursuivre ma lecture afin de connaître rapidement l’aboutissement de toutes ces tranches de vie, de comprendre pourquoi, et surtout comment ils en sont arrivés là.

 

Et puis tout s’éclaire…

C’est à partir de la moitié du livre que l’on commence à en comprendre les tenants et aboutissants. Mais si tout commence à s’éclairer pour les lecteurs, ce n’est pas forcément le cas pour les personnages qui sont prisonniers d’un passé trop lourd à porter, qui leur revient en pleine face au moment où ils pensaient que tout était réglé, et qui vont sombrer dans un tsunami dévastateur qui va balayer tout ce qu’ils ont mis tant de temps à construire. Le fait de commencer à entrevoir le dénouement à la moitié du livre ne m’a pas dérangé en soi, ça change des thrillers qui se terminent sur une chute vertigineuse quelques pages avant la fin, procédé qui peut donner l’impression d’un final bâclé d’ailleurs. Même si j’ai rapidement eu des doutes (voire des certitudes), je suis restée complètement absorbée par mon livre parce que je voulais comprendre comment tout ça allait converger vers un dénouement final. D’ailleurs, nombreux sont les rebondissements qui jalonnent la deuxième moitié du livre, et qui donneront un grand peps à l’histoire !

Finalement, le seul reproche que je pourrais faire à ce livre est que la mise en place de l’intrigue a été un peu trop longue pour moi. Disons plutôt pour être honnête que je ne suis pas du tout friande des histoires familiales « banales » : le père, la mère, les enfants, à priori rangés et bien sous tous rapports. Moi, j’aime les personnages bien tordus, qui ont des choses à cacher, et heureusement que c’est ce que j’ai trouvé à partir de la deuxième moitié du livre ! La suite a largement rattrapé ce sentiment de « mais où l’auteur veut-il nous emmener ? », et a fait pencher la balance du côté très positif dans mon cœur de lectrice.

Le mot de la fin

 Exercice compliqué que de faire un nouveau livre basé sur une histoire familiale, parce que l’auteur a excellé avec son livre Fais-le pour maman qui a été un véritable coup de cœur pour moi, j’insiste vraiment car ce livre m’a énormément marqué ! François-Xavier a su nous proposer avec Ne dis rien à papa un livre différent du premier sans tomber dans quelque chose de redondant. Ce que j’apprécie avec cet auteur, c’est qu’il va chercher loin dans les sujets dérangeants, mais qu’il fait ça de manière subtile en évitant que tomber dans quelque chose de too much ou de malsain qui aurait pour effet de nous mettre mal à l’aise. Clairement, certaines scènes vont vous glacer jusqu’aux os, mais on n’est pas dans le voyeurisme malsain qui nous donne envie de fermer le livre.

Je recommande chaudement !

Edit : ça vient de tomber !! François-Xavier Dillard sera présent au Salon du livre sur la place à Nancy qui se déroulera entre le 08 et 10 septembre prochain ! Joie de pouvoir le rencontrer !!!

image

Publicités

1 thought on “Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s