Auto-édités, Editions Bragelonne Milady Thrillers, Français, Polar/thriller français

Un sac – Solène Bakowski

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S’il y a bien un livre, qui a su tirer son épingle du jeu au niveau de l’autoédition, c’est bien celui-ci ! D’abord paru en autoédition, vainqueur du Prix spécial du jury Amazon de 2015, c’est chez Bragelonne Milady Thrillers qu’est édité depuis janvier 2017 Un Sac, de Solène Bakowski.

J’avais l’impression d’être le seul O.V.N.I de la toile littéraire à ne pas l’avoir encore découvert, et bien, c’est chose faite !

L’histoire

Certaines personnes font très mal leur entrée dans la vie: c’est le cas de Anna-Marie Caravelle, enfant non désirée, du moins désirée par sa mère qui voit en elle l’opportunité de fonder une famille avec l’homme qu’elle aime, mais non désirée par son père se suicidera quelques jours après avoir appris que sa compagne était enceinte. C’est un choc terrible pour la mère du bébé qui poursuit sa grossesse dans un état catatonique, devenue totalement atone et incapable de réagir au monde qui l’entoure. Elle sera hébergée par sa voisine, une vieille fille d’une soixantaine d’années, sans enfant, qui se dévouera corps et âme pour la mère de la petite, jusqu’à la naissance de cette dernière. Voyant en elle l’opportunité de ne pas finir sa vie toute seule, elle va totalement accaparer l’enfant, en vivant avec elle en vase clos, les volets fermés, sans aucun regard vers l’extérieur… Nous suivrons le parcours de Solène enfant, jusqu’à l’âge adulte où nous ne pourrons que constater les dégâts occasionnés par une enfance bancale.

Une lecture pesante

Quelques jours après avoir terminé Un sac, je ressens encore une étrange sensation de mal être, sentiment crée par l’atmosphère glauque et malsaine développée tout au long du livre. Si l’écriture est relativement simple, tantôt percutante et acérée, tantôt poétique et très féminine, l’histoire en elle-même ne peut que susciter de vives émotions en nous, tant le personnage d’Anna-Marie, petite chose fragile, est malmené par une vie difficile. D’abord abandonnée par une mère qui la tient pour responsable de la mort de l’amour de sa vie, ensuite sous la coupe d’une voisine complètement cinglée, elle sera rapidement livrée à elle-même dans une rue hostile où elle vivra une vie d’errance, en perpétuelle quête de quelqu’un à aimer et qui l’aimera en retour. Ce livre est une quête de l’amour, de quelqu’un dont personne ne veut, de quelqu’un qui n’a aucune existence au sein d’une quelconque famille, ni même aux yeux de la société. Elle rencontrera des personnes sur son chemin qui lui donneront un peu d’espoir, parfois… Elle se livrera alors corps et âme pour conserver ce lien, allant jusqu’à accepter l’innommable… Tout ça pour un peu d’amour…

N’allez tout de même pas croire que ce livre est une histoire d’amour !  Je le classerai plutôt dans le roman noir que dans le thriller : un univers de violences, un regard acéré sur la société, pessimiste même, une histoire de vengeance, où on assiste à la naissance d’un monstre.

Le récit est à la première personne, ce qui nous donne l’impression de lire un journal intime, un récit de vie. Cela a pour effet d’accentuer notre empathie envers la jeune femme, de comprendre ce qu’elle ressent au plus profond d’elle. Le récit est entrecoupé d’un fil rouge, où l’on suit une femme qui porte un sac. On ne sait pas à quel moment de sa vie se situe ce fil d’Ariane qui s’immisce parfois entre deux chapitres, mais on sent, on sait, qu’il va nous emmener vers quelque chose de très négatif.

 L’écriture nerveuse alterne des passages très vifs, faits de phrases très courtes, parfois un mot ou deux, pas plus. Sentiment de vitesse, mais aussi sentiment de cercle vicieux, comme une machine lancée à toute allure, à l’image d’Anna-Marie, aveuglée par la vengeance et par le besoin de panser ses plaies. Et puis quand on voit une lueur au bout du tunnel, on espère pour elle, parce que malgré le mal qu’elle a fait, on s’est profondément attaché à ce pantin désarticulé par la vie.

 La mot de la fin

C’est une lecture sombre que nous propose Solène Bakowski, et si vous avez un peu le cafard en ce moment dans votre vie, remettez votre lecture à quand vous irez mieux parce que c’est pas la joie! Le caractère réaliste du récit nous met mal à l’aise, nous lecteurs empathiques, parce qu’on sait que ce genre de drame pourrait exister. Le rejet de la mère pour son enfant a été la partie la plus éprouvante pour moi, parce que quelle mère pourrait ainsi abandonner l’enfant qu’elle a mis au monde?

Un livre poignant, qui ne vous prendra que quelques heures à lire, mais qui vous marquera longtemps si vous êtes un tant soit peu sensible !

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9 thoughts on “Un sac – Solène Bakowski”

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