Coup de coeur, Editions XO, Français, Nicolas Beuglet, Non classé, Polar/thriller français

Le cri – Nicolas Beuglet

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A vous, Serial Lecteurs, qui allez lire ma chronique, prenez note de ces quelques avertissements :

  1. Commencez par acheter ce livre,
  2. Prévoyez 24 à 48h en fonction de votre rythme de lecture,
  3. Dites à votre époux/épouse de sortir ce soir boire un verre avec ses potes,
  4. Mettez les gosses chez les grands-parents,
  5. Commencez votre lecture,
  6. Pensez à boire ou à manger de temps en temps,
  7. Essayez de vous en remettre une fois terminé.

J’ai eu le plus grand mal à écrire ma chronique, tant j’ai été passionnée par ce livre et que j’ai l’impression de rester KO suite à une grosse claque littéraire. Je n’avais qu’une envie, c’est de vous dire « faites-moi confiance aveuglément, ce livre est une bombe et il FAUT que vous le lisiez à tout prix très rapidement». Ça fait un peu light comme chronique je vous l’accorde, donc j’ai laissé un peu ce bouleversement se tasser, pour revenir vers vous et essayer de vous expliquer de manière objective, ce que j’ai aimé dans ce livre.

L’histoire

Tout commence par la découverte d’un cadavre dans un centre psychiatrique d’Oslo en Norvège. Un policier est appelé sur les lieux par l’équipe soignante pour constater le décès d’un patient, qui se serait a priori suicidé par strangulation. A son arrivée sur place, certains éléments mettent le doute au policier, lui laissant à penser qu’il ne s’agit pas d’un suicide, mais plutôt d’un meurtre. Il appelle donc Sarah, une française travaillant pour la police norvégienne, qui se rendra sur les lieux afin de collecter les indices. Le corps semble avoir été déplacé, le patient porte une expression de profonde terreur sur le visage, comme s’il hurlait de peur, et il porte une étrange cicatrice sur son front, formant le chiffre « 488 ». Personne ne semble connaître l’identité de ce malade qui a passé les trente dernières années enfermé dans l’asile, personne ne connaît son passé, ni pourquoi ce chiffre a été gravé sur sa peau. On aura rapidement le sentiment qu’il se passe de choses pas très catholiques dans cet hôpital. Les investigations de Sarah la mèneront rapidement en France, où elle va faire la connaissance de Christopher, ancien reporter de guerre et actuellement professeur en université. A deux, ils vont vivre un véritable compte à rebours pour résoudre cette enquête au plus vite; ils vont se retrouver complètement dépassés par l’ampleur de leurs découvertes et de leur enquête ainsi que par les moyens mis en œuvre pour éviter qu’ils ne déterrent de vieux dossiers ultrasecrets, classés il y a plusieurs décennies par la CIA.

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 Un rythme oppressant

Le rythme de lecture est haletant, à couper le souffle, j’ai eu l’impression d’être en permanence en apnée et de m’arrêter à certains moments pour respirer une grande bouffée d’air avant de replonger dans les abysses de l’enquête. A aucun moment l’auteur ne vous laissera reprendre votre souffle et vos esprits, c’est un enchaînement de rebondissements et d’indices nouveaux qui apparaissent au fur et à mesure des investigations et qui apportent plus de questions, dans un premier temps, que de réponses aux protagonistes mais aussi aux lecteurs. L’auteur, Nicolas Beuglet, est scénariste de profession et il use de toutes les techniques cinématographiques pour créer un rythme et une tension extrême, poussant le lecteur à tourner les pages de manière compulsive jusqu’à la dernière.

Un thriller scientifique

Ma principale crainte avant de commencer ma lecture a été l’aspect scientifique qui allait être développé durant l’enquête. Je ne suis pas forcément amatrice des thrillers scientifiques, je n’ai jamais été attirée par les sciences, je n’y ai jamais compris grand-chose d’ailleurs et je trouve certains passages passablement compliqués dans certains livres, comme dans certains de Franck Thilliez qui m’ont contrainte à arrêter ma lecture tant ce n’était pas agréable pour moi comme lecture. Pourtant, Nicolas Beuglet a réussi à ancrer son histoire dans des recherches scientifiques assez complexes, tout en utilisant un langage vulgarisé qui permet à l’histoire d’être accessible au plus grand nombre, notamment aux réfractaires comme moi, et en trouvant un certain équilibre entre l’enquête policière et les révélations scientifiques.

 L’histoire est intrigante, j’ai beaucoup aimé le fait d’avoir l’impression de déterrer de vieux secrets d’Etats enfouis dans les archives secrètes des grandes institutions comme la CIA, le FBI ou la Nasa. Il est en effet question ici d’expériences secrètes réalisées sur le cerveau, la psyché d’individus tests, utilisés comme des animaux de laboratoires, totalement annihilés par des années d’expériences, subissant d’atroces souffrances et complètement coupés du monde.

Ce livre nous interpelle également sur de grandes questions de l’humanité : religion, vie après la mort, questionnement sur l’origine de la vie.  Ce que j’ai aussi apprécié, c’est que Nicolas Beuglet n’essaie pas de nous faire adhérer aux thèses mises en avant dans ce livre, aux doctrines énoncées, ce n’est pas un livre de propagande. Certes, il nous amène à nous questionner sur de grandes énigmes, mais en aucun cas il ne s’agit d’un ouvrage moralisateur.

Des personnages profondément humains

Sarah, qui est le personnage principal de ce livre, est une femme brisée. Elle vient d’apprendre que son mari l’a trompée et qu’il souhaite demander le divorce. Au fil de notre lecture, nous allons apprendre à la connaître. Nous découvrons d’abord une personne froide, rigide, elle ne souhaite pas serrer la main aux personnes qu’elle rencontre car selon elle, cela crée un lien qui peut la détourner de l’objectivité qu’elle se doit d’avoir durant son enquête. Elle souhaite rester maîtresse d’elle-même, de ses actions et de ses émotions. C’est donc une personne rigide qui apparaît au premier abord. Et puis, on soupçonne un passé difficile, on comprendra finalement pourquoi elle est tellement mal à l’aise en entrant dans l’hôpital psychiatrique, on comprend qu’elle garde des cicatrices émotionnelles, gravées en elle de manière indélébile et qui ont poussé cette jeune femme à se murer derrière une solide carapace. J’ai le sentiment qu’elle commence à montrer son côté humain en rencontrant Christopher, qui est un des personnages les plus puissants, émotionnellement parlant, de ce livre et que j’ai beaucoup apprécié.

Pour finir

L’enchaînement des événements est entraînant et une fois commencé, ce livre m’a complètement obnubilée et je ne suis revenue à la réalité qu’au moment où j’ai refermé la dernière page, c’est-à-dire le soir-même du jour où je l’ai commencé.

 

 

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5 thoughts on “Le cri – Nicolas Beuglet”

  1. Raaaaah cette chronique me donne tellement envie de lire le livre *_* !!! D’ailleurs dès la phrase « faites-moi confiance aveuglément » c’était acquis mais tout l’article n’a fait que me faire trépigner d’impatience… Dès que j’ai le budget je saute dessus ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Vous me faites grave flipper quand vous me dites que vous me faites confiance aveuglement! lol! non mais c’est flatteur d’entendre ça mais je me sens comme si on m’avait confiée une lourde tâche! et je n’ai pas envie de décevoir les lecteurs qui m’auront fait confiance! genre moi j’ai adoré, et on revient quelques jours après me dire « pouahh j’ai détesté » lol! Il en faut pour tous les goûts tu me diras 🙂

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