Coup de coeur, Edition Aconitum, Français, Polar/thriller français

The life game – Laurence Fontaine

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L’histoire

Jade est une jeune étudiante française. Son but, à terme et grâce à sa double nationalité franco-américaine, est d’intégrer le FBI. Elle entend parler d’un jeu télévisé qui fait fureur aux Etats-Unis, The Life Game, qui propose depuis quelques années à des candidats de leur donner les moyens financiers pour réaliser leur rêve professionnel. Jade tente donc l’aventure, et c’est son dossier qui est retenu parmi quelques dizaines de milliers de candidatures. Elle s’envole donc, direction San Francisco, abandonnant sa famille et son petit-ami en France. Elle retrouve là-bas son ami Chang, qui va l’aider dans ses recherches grâce à ses compétences informatiques. Elle fera la rencontre du présentateur du show, Tom Newton, qui s’impliquera de plus en plus dans l’enquête de la jeune candidate. Jade sera obligée de porter une montre continuellement connectée, ainsi qu’une caméra lors de ses interviews. Cela faisait deux ans qu’elle travaillait en France sur de mystérieuses disparitions impliquant des jeunes femmes aux USA. Elles semblent avoir le même profil : de jeunes, voire très jeunes femmes, belles et un peu paumées. Rapidement, toutes les recherches convergent vers Scott Eden, un ancien acteur américain qui a totalement disparu il y a de nombreuses années.

 

J’avais deux principales craintes en commençant mon livre…

La première est que j’espérais que le livre ne soit pas trop centré sur l’aspect téléréalité, j’ai lu il y a quelques mois Le Vide de Patrick Senécal, et le livre était trop axé sur l’émission, les directs etc, et cela ne m’avait vraiment pas intéressé. Ici, l’aspect Reality Show n’est quasiment pas abordé. Aucune scène ne se passe sur un plateau télé avec un public, c’est vraiment passé au second plan et il s’agissait juste d’un prétexte pour démarrer l’intrigue en fait.

La deuxième, est que j’avais peur de l’effet « too-much » et bourré de clichés, qui peuvent être présents dans les thrillers américains, là encore, je me suis laissée avoir par mes a priori à la con (il faut savoir reconnaître quand on l’est 🙂 ) et j’ai été agréablement surprise de constater que l’effet surenchère que je craignais était totalement absent de ce livre. (oh my goooooddddd it’ssss amaaaaaazzziiiiiiinnngggg – j’vous jure qu’ils parlent comme ça en vrai les américains)

Des allers-retours entre plusieurs périodes

Laurence Fontaine a décidé d’écrire son livre en alternant plusieurs périodes. La majeure partie de l’intrigue se situe de nos jours, durant l’enquête de Jade, et nous replongeons régulièrement dans le passé : en effet, l’auteure nous prend à témoin, en nous faisant revivre les scènes des meurtres, comme si nous étions un personnage caché dans un coin de la pièce, incapable d’intervenir et totalement impuissant au sort des malheureuses. Ces périodes sont à chaque fois datées en début de chapitre, ce qui nous permet d’établir une chronologie des faits, et elles sont écrites en italique. Passées ces scènes, c’est l’enquête de Jade qui reprend. Ça semble un peu cloisonné et stéréotypé expliqué comme ça, mais l’auteure réussi à très bien le faire, de manière totalement naturelle, et je n’ai pas eu l’impression d’une coupure « forcée » dans l’alternance des deux périodes.

 

On the road again, again…

Une des choses qui m’a particulièrement plu lors de ma lecture, c’est que nous sommes constamment sur la route. Le livre commence en France, mais nous n’y resterons pas longtemps car nous allons accompagner Jade, d’abord en Californie, ensuite à travers divers états des Etats-Unis, et nous terminerons… au Mexique ! Pour la globe-trotteuse que je suis, c’est un vrai plaisir que de lier mon amour pour le thriller et pour les voyages. L’auteure a réussi à me kidnapper dès que son personnage principal a posé le pied aux USA, et m’a embarquée sur les chemins de l’enquête jusqu’à retrouver ce pays que j’ai découvert il y a quelques années et où je rêve de retourner :  « hmmmm j’retournerais bien au Mexique quand même prochainement ! ». Le célèbre livre de Jack Kerouac, Sur la Route, est d’ailleurs régulièrement cité, c’est un peu le fil rouge de l’enquête d’ailleurs.

 

Des personnages hauts en couleurs

Le caractère des personnages occupe une place prépondérante dans le récit. Si Jade, qui est le personnage principal, est largement détaillée sur le plan psychologique, nous apprendrons à connaître Tom dans la toute dernière partie du livre. On émet des suppositions durant notre lecture, mais c’est seulement à la fin que nous découvrons qui il est réellement (avec quelques surprises d’ailleurs !)

La jeune femme a une personnalité très forte, elle est tenace, pugnace, elle a une force à toute épreuve et mène son enquête avec une totale implication et un réel acharnement. Elle en reste naturelle et attachante, malgré ses ambitions, elle reste néanmoins profondément humaine face aux malheurs et à l’impossibilité pour les familles des disparues de faire leur deuil.

 

Question de style

L’écriture de Laurence Fontaine est captivante, j’ai trouvé ce livre superbement bien écrit et lorsque que je vous ai dit plus haut qu’elle m’avait kidnappée pour me libérer à la fin du livre, c’est au sens propre, elle a vraiment réussi à me faire accrocher dès le début, rendant ma lecture addictive au point où lorsque je posais le livre c’était soit que je devais aller travailler, soit que je ne pouvais plus garder les yeux ouverts pour dormir, il ne m’aura d’ailleurs fallu que deux soirées pour le terminer. J’ai aimé qu’elle nous fasse revivre les meurtres à travers les flash-backs, parce qu’en bonne lectrice barbare et sadique, j’aime ce genre de scènes et j’aime quand rien n’est épargné au lecteur. Certes, ces scènes ne sont pas très longues ni beaucoup décrites, mais elles ont le mérite d’exister !

En résumé

Ce livre n’est pas sans danger. Une fois que vous y entrez, vous êtes pris au piège, et vous n’en sortez qu’au moment de la dernière ligne de l’épilogue. Un très belle découverte que je conseille aux fans du genre !

Une fois n’est pas coutume…

Je vais terminer ma chronique par une citation du livre, qui me parle profondément en tant que voyageuse, que je vais accompagner d’une photo personnelle d’un de mes voyages : « C’était l’aspect angoissant et merveilleux des longs voyages. On en arrivait très vite à se déposséder de son existence pour ne devenir qu’une entité de la route. ».

p1070284

 

Remerciements

Je remercie Gaylord Kemp de la maison d’édition Aconitum pour la proposition de lecture.

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