Coup de coeur, Edition Marabout, Français, Nicolas Lebel, Polar

Le jour des morts – Nicolas Lebel

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A chaque fois que je tourne la dernière page d’un bon livre qui m’a plu, je me demande comment je vais faire pour survivre et passer à autre chose… Non sérieusement, on s’attache aux personnages, on fait partie d’eux, de leur enquête, de l’intrigue, et puis tout s’arrête et on doit passer à autre chose… C’est dur quand même la vie de lecteur!
Quelques jours après avoir terminé L’heure des fous de Nicolas Lebel, j’ai poursuivi l’aventure avec le Capitaine Mehrlicht et son équipe, et j’ai englouti le deuxième opus de la série avec Le jour des Morts dont je vais vous parler maintenant.

Récapitulons…

L’heure des morts, c’est l’histoire d’un meurtre, commis au sein du service d’oncologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Nous avons déjà rendu visite à Jacques dans ce service, dans le précédent opus. Jacques, c’est un ancien flic de l’équipe de Mehrlicht, il est atteint d’un cancer virulent et il y est soigné depuis plusieurs mois. C’est donc dans cette unité de soins qu’est retrouvé mort un autre cancereux. Pas étonnant qu’il y ait des morts dans ce type de service me direz-vous, sauf que voilà, selon les premières constatations du médecin, des policiers et du légiste, il ne serait pas mort de maladie mais d’un empoisonnement! Qui a donc bien pu assassiner cet homme à la vie tranquille et sans histoire? C’est ce que va essayer de découvrir Mehrlicht, commissaire d’un petit commissariat de Paris, célèbre bougon toujours en train de râler, s’indigner, martyriser ses stagiaires qu’il vomit (il le dit lui-même) pour leur apprendre la dure réalité du métier. A l’aide de sa fidèle équipe, il va mener des investigations pour arrêter l’Empoisonneuse : le lieutenant Dossantos, véritable puits de connaissances juridiques qui connaît les moindres articles du Code Civil par cœur et qui ne cesse de les rabâcher dès que la situation le nécessite; Latour, seule femme de l’équipe qui s’impose de plus en plus face à son chef macho qui la verrait bien plutôt derrière les fourneaux que dans un uniforme de police; et Guillaume, le nouveau stagiaire au physique d’Apollon, fils d’un éminent politicien qui a su jouer de ses pistons et de magouilles pour propulser son fils en plein cœur d’une des plus grosses enquêtes de ce petite commissariat.  L’enquête piétinera longtemps, trop longtemps au goût de Matiblout le grand chef, qui sera, au fur et à mesure de la découverte des multiples cadavres, des multiples ramifications mystérieuses, au bord de l’implosion, ne dormant plus que par bribes dans son bureau, harcelant Mehrlicht et son équipe par téléphone pour connaître les moindres avancées de l’enquête… L’histoire nous mènera à Paris, dans un petit village du Limousin apparemment sans histoire, où nous découvrirons de vieilles rancœurs bien tenaces qui ont encore des conséquences à l’heure actuelle.

Ce que j’en pense…

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Encore une fois, Nicolas Lebel a su conquerir mon cœur de lectrice passionnée par les polars. Parce que c’est un vrai bon polar qu’il nous sert ici . On y retrouve tous les ingrédients qui font qu’un livre du genre réussi à captiver un lectorat : équipe de flics hors norme, atmosphère sombre, enquête aux multiples ficelles et rebondissements, hécatombe de cadavres …

Ça commence d’abord par une petite équipe de flics aux caractères très différents qui donnent une impression de patchwork : rien ne va ensemble, tout est dépareillé, mais ça forme un tout, et ça fonctionne vachement bien. Aucun personnage ne sera sous exploité, chacun d’entre eux occupe une place de choix au sein de l’enquête; même si Mehrlicht est LE personnage principal de part sa fonction et son caractère exubérant, l’auteur a su trouver une place importante et a su mettre en avant chaque membre de l’équipe, avec leurs qualités et leurs défauts, si bien qu’on ne sent pas vraiment de rapport hiérarchique entre eux,  bon, sauf pour le stagiaire qui en prend pour son grade, mais cette fois-ci, c’est mérité! Le fait que la personnalité des différents protagonistes soit si bien exploitée permet de mieux les connaître, et donc de les trouver attachants, de vivre leurs émotions en même temps qu’eux, avec leurs bonheurs et leurs galères.

Atmosphère, atmosphère!

L’histoire se déroule fin octobre-début novembre, en pleine période de la Toussaint et d’Halloween. Mis à part la truculente scène de Jacques qui fête dignement Halloween déguisé en fantôme en semant la terreur dans le service d’oncologie, l’atmosphère est grise et pesante. Une pluie sans discontinu s’abat sur Paris, l’auteur nous parle régulièrement des caprices de la météo, et cela renforce notre sentiment de malaise qui nous colle à la peau, comme cette pluie incessante qui ne cessera de tomber sur les personnages.

Tout est une question de style

Le récit est dynamique, les rebondissements sont nombreux et chaque nouvelle découverte des nombreux cadavres semés sur la route par l’Empoisonneuse crée un nouvel élan dans l’enquête et je ne me suis pas ennuyée à un seul moment durant ma lecture, c’est assez rare chez moi pour que je le dise! L’écriture de Nicolas est audacieuse, l’auteur est libéré des contraintes de l’écriture, il se plaît à bousculer le lecteur (trop) habitué aux écritures conventionnelles qui, je l’avoue, m’ennuient à mourir. Les dialogues sont nombreux, entrecoupés de quelques descriptions qui ne prennent pas trop de place inutile dans le récit, on est régulièrement coupés dans notre lecture par la sonnerie de téléphone de Mehrlicht qui, loin d’être conventionnelle, nous fait réviser nos classiques avec une chanson différente de Jacques Brel à chaque nouvel appel… Chaque partie du livre est un nouveau jour de l’enquête et j’apprécie ce découpage sous forme de journal, d’autant plus que l’importante longueur des chapitres donne un sentiment d’action permanente, qui laisse peu de répit aussi bien aux enquêteurs qu’au lecteur qui se dit « allez, encore une page! ».

L’histoire est ancrée dans la réalité, les politiques véreux usent de leur pouvoir pour dissimuler leur fortune, pour pistonner des proches, on y retrouve aussi le rapport conflictuel entre les médias et la police (« là où il y a du sang, il y a de l’encre » dixit l’auteur au début du livre).

Mes sentiments se sont bousculés tout au long de ma lecture, passant tour à tour d’une franche rigolade lors de ma lecture de certaines scènes à des moments où j’ai eu la gorge serrée. Les moments tordants sont nombreux et c’est surtout à Mehrlicht et à sa répartie qu’on doit ces moments de légèreté.

Le mot de la fin

Je ferme ce livre avec le cœur lourd, en me disant qu’il va falloir que j’enchaîne fissa avec le troisième parce que les personnages me manquent déjà!

Bref, voilà mon deuxième coup de coeur du mois d’août! 

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4 thoughts on “Le jour des morts – Nicolas Lebel”

  1. Je pense que l’on a tous cette désagréable sensation de manque et d’absence lorsque l’on fini un très bon livre ^^
    Tu les sens disparaître peu à peu, ça me rend morose parfois ^^
    Beau compte-rendu en tout cas !

    J'aime

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