Polar/thriller français

L’amante d’Etretat – Stanislas Petrosky

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Aussitôt commencé, aussitôt terminé. Non seulement ce livre est très court, mais vu comme j’ai accroché dès le prologue il aurait pu faire 300 pages de plus qu’il aurait été englouti tout aussi vite!

L’amante d’Etretat, de Stanislas Petrosky, commence par un long prologue sous forme de journal intime. On fait la connaissance d’Isabelle, petite fille de 10 ans, qui reçoit un journal intime pour son anniversaire. Elle y raconte régulièrement sa vie d’enfant, puis d’ado, malmenée par un père alcoolique et violent avec son épouse. Le prologue terminé, nous poursuivons avec Isabelle à l’âge adulte. Elle fait la connaissance de Frédéric, un thanatopracteur qui s’est occupé de la dépouille de sa mère. De là va naître une véritable passion pour ce métier, ainsi qu’une histoire d’amour avec Frédéric. Ils achèteront une maison à Etretat, en bord de mer. Jusqu’au jour où Frédéric est victime d’un accident et disparaît brutalement en mer, laissant Isabelle dans un terrible chagrin. Elle l’aime, elle l’aime à en crever, et elle va en devenir folle.

 

Ce livre aura eu pour effet de m’écorcher le cœur et l’âme, car le sujet du deuil est un sujet auquel je suis très sensible pour des raisons personnelles. Je me suis sentie bouleversée durant toute ma lecture, une espèce de boule dans la gorge continuelle, qui ne me quittera qu’à la fin, et encore! « Non Anaïs, tu ne pleureras pas! » On assiste impuissant à la descente aux enfers de cette femme qui a perdu l’amour de sa vie. Je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir de l’empathie pour cette femme, parce que je me suis imaginée à sa place, perdant ma mère et l’amour de ma vie.Je suis habituellement assez détachée des horreurs que je peux lire avec une certaine délectation et un certain sadisme avouons-le, pourtant là ça touche le sensible, ça touche ce qu’il y a de plus cher dans la vie d’un être humain…

Ici, pas de descriptions inutiles, l’auteur aurait pu faire le choix de faire traîner en longueur pour rajouter 50 ou 100 pages, en s’épanchant sur l’histoire d’amour (Merci de ne pas l’avoir fait d’ailleurs :D), en décrivant la beauté des paysages qui constituent la petite ville d’Etretat, en multipliant les personnages… Mais non, il a préféré faire la part belle à l’aspect psychologique qui est très développé, il a préféré nous placer directement dans la tête d’Isabelle, on a pu comprendre sa souffrance, la sentir, lutter avec elle.

Et puis la fin… Tu es à 4 pages de la fin et tu ne sais toujours pas comment ça va se terminer. Et là badaboum, une bourrasque te retourne complètement. Changement de ton, changement de sentiment. On s’attendait à une fin surprenante, c’est réussi! Pour connaître la suite, il va falloir le lire!

Stanislas Petrosky a réussi à poser, en quelques lignes, des mots simples mais justes et profonds pour exprimer ce que toutes les personnes écorchées à vie par la perte d’un proche ressentent. Je n’ai pas l’habitude de mettre une citation dans mes chroniques mais je vais faire une exception pour celle-ci : « Pendant la thérapie, lui avait-elle expliqué, on ne doit pas oublier les date, plus particulièrement celle du décès, on ne doit pas se voiler face, se cacher la vérité, on doit l’accepter, accepter la mort, et s’accepter soi-même en tant que survivant. Accepter que l’autre ne soit plus, que l’on soit seule pour affronter la vie. »

C’était une lecture difficile, le livre m’a fait du mal, au même titre que Le tueur intime de Claire Favan il y a quelques mois… Mais c’est un livre qui me marquera pendant un moment, preuve que l’auteur a réussi à faire ce que tout écrivain rêve de faire : marquer son lectorat.

Je remercie ma Florence de me l’avoir conseillé!

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