Auto-édités, Polar/thriller français

Les enfants d’Erostrate – Mickaël Koudero

image

 

Une fois la dernière page du livre tournée, ma première réflexion a été « Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire dans ma chronique pour réussir à exprimer ce que j’ai ressenti dans ma lecture? » Il a fallu que je me pose un moment après ma lecture pour mettre mes idées au clair, et réussir à sortir de cette histoire qui m’a complètement happée et qui me laisse ce soir un sentiment étrange de malaise. Il s’agit ici du premier livre auto-édité de Mickaël Koudero.

Les enfants d’Erostrate commence par la mort de Sébastien, l’ami d’enfance de Milan, policier à la PJ de Lyon. Il est appelé à la rescousse par la mère éplorée de Sébastien, et il intègrera l’enquête confiée à  Laura et Hugo. Quelques heures plus tard, à l’autre bout de la France, c’est la fiancée de Sébastien qui est retrouvée morte dans un ancien bâtiment laissé à l’abandon. L’enquête commence, les meurtres continuent, en France et en Belgique, les cadavres sont semés sur le chemin des enquêteurs. Les mises en scène sont violentes, les corps sont mutilés. Quel est le point commun entre tous ces morts qui n’ont a priori aucun point commun? N’y a-t-il qu’un seul tueur, ou une multitude? L’enquête les mènera dans l’univers du sexe et de la luxure, les plongera dans une affaire vieille de près d’un quart de siècle, où sévissait « Le Borne », serial killer sanguinaire. Le Borne est-il de retour, ou est-ce que nous avons affaire à un copyat ?

L’enquête est d’une complexité terrible, je me suis demandée comment un auteur peut mettre en place une intrigue si complexe, avec autant de personnages, sans perdre son lecteur, et sans se perdre lui-même dans son récit. Sauf que c’est tellement bien écrit que tu ne peux pas te perdre, tu es happée, captivée depuis la toute première page. A aucun moment je ne me suis essoufflée pendant ma lecture, aucun temps mort, aucun répit.

Les chapitres sont courts, l’écriture de Mickaël est légère, précise, il ne se perd pas en détails inutiles juste pour meubler, pas de surenchère dans le sensationnel. Tous les ingrédients d’un bon thriller sont réunis : 4 meurtres dans les cent premières pages (j’vous raconte pas comme mon cœur de lectrice a kiffé 😀 ), une enquête menée par des flics à la personnalité forte, marqués pour certains par la vie et les affaires passées, ambiance noire et pesante, suspens, retournements de situation…  J’ai ressenti une sorte de noirceur durant toute ma lecture, l’ambiance est lourde et étouffante. J’ai aimé le côté sanglant et glauque des meurtres en opposition avec l’écriture parfois quasi poétique de l’auteur qui n’est pas sans me rappeler un certain R.J Ellory. Aucune incohérence, l’auteur démêle dans la deuxième moitié du livre les fils complexes tissés tout au long de l’enquête, le puzzle se reconstitue sous nos yeux et vient bousculer nos certitudes de lecteur-enquêteur.

On m’avait parlé d’un vrai bon thriller comme je les aime, c’est plus que ça, c’est un coup de tonnerre dans le monde de l’auto-édition. Du bon, du très bon, du quasi professionnel, qui laisse sans voix, qui te retourne le cœur et le cerveau.

Une mention très bien pour ce premier livre, je suis une lectrice conquise!

 

 

 

image

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s